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Tshuapa : plus de 200 jeunes débattent des réformes pour renforcer leur participation à la gouvernance


Tshuapa : plus de 200 jeunes débattent des réformes pour renforcer leur participation à la gouvernance

Plus de 200 jeunes, parmi lesquels des étudiants, des fonctionnaires, des leaders associatifs et des acteurs politiques, ont pris part, samedi 25 juillet, à un grand débat organisé à l'hôtel Kokoli, à Boende, chef-lieu de la province de la Tshuapa. Placée sous le thème « Gouvernance participative : quelles réformes pour favoriser l'accès des jeunes aux postes de prise de décision et garantir la stabilité de la province ? », cette rencontre avait pour objectif de réfléchir aux mécanismes susceptibles de renforcer l'implication de la jeunesse dans la gestion des affaires publiques.

L'initiative, portée par le Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) de la Tshuapa, a réuni des participants issus de différents horizons. Les organisateurs ont voulu créer un espace d'échanges où les jeunes pourraient exprimer leurs préoccupations, proposer des solutions et contribuer à la réflexion sur l'avenir de la province.

En effet, les débats ont permis de mettre en lumière plusieurs défis auxquels la jeunesse est confrontée. Les sept conférenciers, venus des milieux universitaire, politique et de la société civile, ont dressé un constat jugé préoccupant. Selon eux, de nombreux jeunes sont souvent sollicités durant les campagnes électorales, mais se retrouvent ensuite exclus des processus de décision une fois les élections terminées.

Les intervenants ont également dénoncé les difficultés d'accès à l'emploi dans les services publics. Ils estiment que le clientélisme, les favoritismes et le manque de transparence dans les recrutements constituent des obstacles majeurs à l'épanouissement des jeunes diplômés. Pour plusieurs participants, cette situation alimente le chômage et freine la participation de la jeunesse au développement de la province.

Au cours des échanges, plusieurs pistes de réforme ont été proposées. Les participants ont notamment plaidé pour l'instauration d'un quota réservé aux jeunes dans certaines institutions publiques afin de favoriser leur représentation dans les organes de décision. Ils ont également recommandé un renforcement de la transparence dans la gestion publique ainsi que la mise en place de mécanismes d'accompagnement et de financement destinés aux initiatives entrepreneuriales portées par les jeunes.

Les discussions ont aussi porté sur le rôle que peut jouer la jeunesse dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Plusieurs intervenants ont souligné que l'implication des jeunes dans les instances de gouvernance constitue un facteur essentiel pour prévenir les conflits, renforcer la confiance envers les institutions et favoriser un développement inclusif.

Présent à cette rencontre, le ministre provincial de la Jeunesse, Jephté Lunama, a salué l'organisation de ce débat, qu'il considère comme une opportunité pour rapprocher les autorités des préoccupations de la jeunesse.

Selon lui, ces échanges permettront au gouvernement provincial de mieux comprendre les attentes des jeunes et de les préparer à exercer des responsabilités dans les institutions publiques.

« Je vois en cette conférence une opportunité. Une opportunité pour le gouvernement d'écouter et de former les jeunes à gouverner. La stabilité de la Tshuapa en dépend », a déclaré le ministre devant les participants.

Pour sa part, le président du Conseil provincial de la jeunesse de la Tshuapa, Marcel Lokuli, a estimé que cette rencontre marque une étape importante dans la promotion de la participation citoyenne des jeunes. Il a affirmé que les recommandations formulées au terme des travaux serviront de base à un plaidoyer auprès des autorités provinciales et nationales.

« Ce grand débat a tout son sens. Il est temps que la voix des jeunes soit entendue. Nous allons porter ces recommandations pour que la Tshuapa donne enfin sa place à sa jeunesse », a-t-il souligné.

Cependant, les participants ont insisté sur la nécessité que ces recommandations ne restent pas lettre morte. Ils souhaitent que les engagements qui seront pris débouchent sur des actions concrètes en faveur de l'emploi, de l'entrepreneuriat, de la formation et de la participation des jeunes aux instances de décision.

À l'issue des travaux, plusieurs recommandations ont été adoptées. Elles seront transmises dans les prochains jours aux institutions provinciales et nationales afin d'alimenter les réflexions sur les réformes attendues en faveur de la jeunesse.

Il sied de rappeler que la jeunesse représente une part importante de la population congolaise. Pour les organisateurs de cette rencontre, favoriser son implication dans la gouvernance constitue un levier essentiel pour renforcer la démocratie, consolider la paix et accélérer le développement durable de la province de la Tshuapa.

Abdoul Madjid Koyakele 

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