L’opposant congolais Delly Sesanga a dévoilé les principales exigences de la C64 dans la perspective du dialogue national annoncé par le président Félix Antoine Tshisekedi.
Intervenant mardi lors d’un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a estimé que la responsabilité de la poursuite du processus revient désormais au chef de l’État.
« La balle est dans le camp de Monsieur Tshisekedi. S’il veut qu’on puisse avancer sur le chemin du dialogue, c’est très bien. S’il veut fermer les portes comme il l’a fait il y a quelque temps, c’est son droit », a déclaré l’opposant, tout en rappelant que les citoyens congolais disposent du droit d’exiger le respect de la Constitution.
Selon Delly Sesanga, ce dialogue doit être global et prendre en compte les principales crises qui affectent la République démocratique du Congo. Il cite notamment la crise militaire et sécuritaire, la crise de gouvernance, la crise du processus électoral, la crise sociale ainsi que la « crise constitutionnelle », qu’il attribue à l’initiative du président de la République.
Cependant, l’opposant a insisté sur deux lignes rouges que la C64 ne souhaite pas franchir. La première concerne la Constitution. Pour lui, le dialogue ne doit en aucun cas servir de cadre pour modifier la loi fondamentale.
« La Constitution constitue la ligne rouge. Le dialogue ne peut pas être le prétexte du changement de la Constitution. Ça doit être une ligne que l’on ne franchira pas », a-t-il déclaré.
La deuxième exigence porte sur le caractère inclusif du processus. Delly Sesanga refuse que le dialogue national devienne un outil de division entre les Congolais ou un moyen d’exclure certaines composantes de la société.
Interrogé sur l’éventualité d’un dialogue pouvant aboutir à l’organisation d’un référendum constitutionnel, une hypothèse évoquée dans certains milieux proches du pouvoir, l’opposant s’est montré ferme. « Non, c’est une ligne rouge. Ce n’est pas l’objectif et ça ne le sera pas », a-t-il affirmé.
Pour lui, les difficultés majeures de la RDC ne résident pas dans le texte constitutionnel, mais plutôt dans les problèmes de gouvernance, de sécurité et de développement social. Il estime que les priorités doivent rester centrées sur les préoccupations quotidiennes de la population.
Par ailleurs, Delly Sesanga a rejeté une lecture de l’opposition limitée aux seules figures politiques comme lui-même, Martin Fayulu, Moïse Katumbi ou Joseph Kabila. À ses yeux, « l’opposant, c’est d’abord le peuple congolais », estimant que toute initiative visant à maintenir le pays en crise pour favoriser un éventuel troisième mandat présidentiel doit être écartée.
Abdoul Madjid Koyakele
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